«Vous
me demandez de vous raconter ma première exposition.
Cette histoire se passe aux environs de 1920... Le grand jour arriva et je vis
mes tableaux accrochés chez Berthe Weil... Deux jours après le
vernissage, elle me dit : «J'ai vendu un de vos tableaux, 120F, j'espère
que vous êtes content pour une première exposition.» Je n'étais
pas content, j'étais sidéré et me demandais si je ne rêvais
pas.... J'étais tellement énervé par cet évènement
prodigieux que je parcourus Paris à pied pendant des heures et ne rentrai
chez moi qu'assez tard.»
«J'ai
cheminé lentement à travers des expériences diverses et
peu à peu, soit par la maturité que donne l'âge, soit par
une évolution naturelle, je suis arrivé à mon uvre
actuelle, la seule qui compte à mes yeux, car tout le passé n'est
que cheminement.
Ma jeunesse a commencé à soixante ans; c'est alors seulement que
j'ai fait quelque chose de valable.»
«Ah
la peinture moderne, la peinture ancienne, la peinture murale, la peinture
à l'huile, la fresque, les Espagnols, les Hollandais, les Italiens,
les Français, et toutes les balançoires pour conservateurs de
musées ou pour élèves de l'école du Louvre, ce
que je peux m'en foutre.»

mise à jour : 16 janvier 2008 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |